Où voir des orchidées ?

Les pelouses calcicoles
 
 La Haute-Normandie est marquée par la présence d’un plateau calcaire important entaillé de vallées aux rebords parfois escarpés de la Seine, de l’Eure et de quelques autres petites rivières.
Ces zones souvent abruptes constituées de pelouses sèches sont inhospitalières pour l’activité humaine. Elles étaient autrefois consacrées au pâturage des moutons mais sont actuellement souvent à l’abandon. Les orchidées y sont nombreuses. On trouve notamment Ophrys (fuciflora, araneola), Orchis (militaris, purpurea, simia), Gymnadenia conopsea, Epipactis atrorubens, et l’imposant Himantoglosum hircinum.
On peut également y rencontrer de nombreuses espèces végétales et animales : l’anémone pulsatille, les hélianthèmes, la violette de Rouen, ou encore la mante religieuse et de nombreux rophalocères (papillons de jour) se plaisent sur ces pentes ensoleillées. Les coteaux de la Seine  à Amfreville-sous-les-Monts et la côte des Deux-Amants constituent un exemple représentatif des coteaux calcaires à pelouses sèches.
Reste à maintenir ces milieux dans l’état, restaurer un pâturage léger afin d’éviter l’emboisement inéluctable à long terme.

Les prairies

 Le bord de collines ou les petites vallées peu pentues sont également des habitats intéressants. Parfois proches des pelouses calcicoles sèches, elles s’en distinguent par un sol riche et plus épais.
La population d’Orchidées peut y être assez proche de celle des coteaux calcaires. Nous pourrons y trouver :  Anacamptis pyramidalis, Ophrys apifera, Op. aranifera, Gymnadenia, conopsea  mais aussi Anacamptis morio, Coeloglossum viride, Dactylorhiza fuchsii et maculata qui sont absents des pelouses plus sèches. Ces parcelles sont généralement plus petites que les coteaux calcaires mais contiennent néanmoins une très grande diversité floristique et faunistique.
Ces milieux plus accessibles au pâturage et aux activités agricoles provoquent souvent une surcharge des sols en matières organiques et chimiques, provoquant la disparition de nombreuses espèces végétales et animales ; les orchidées en sont généralement les premières victimes.

Les pelouses en haut des falaises peuvent aussi abriter la rarissime Neotinea ustulata, espèce protégée en Haute Normandie.

 

Les talus et bords de routes

 Les bords de route constituent un milieu propice pour de nombreuses orchidées ; on peut y faire de belles rencontres. La richesse de ce type de milieu est possible grâce à une gestion raisonnée incluant l’absence d’amendements, le bannissement de tout produit phytosanitaire et surtout une programmation réfléchie des périodes et zones de fauchage (mis en place et à la charge des départements). Les espèces que l’on peut rencontrer sont:  Orchis purpurea, Anacamptis morio, Dactylorhiza maculata, Dactylorhiza fuchsii, Epipactis helleborine, Orchis mascula, Platanthera chlorantha...

Les routes bordant les zones cultivées sont peu propices, sauf en présence d’un talus élevé et d’une haie qui assurant un isolement suffisant. Parmi les orchidées répandues en Basse Normandie, seul Himantoglossum hircinum semble s’accommoder sans protection de la proximité de cultures.
Des stations apparaissent fréquemment sur les récents talus de routes et d’aménagements routiers (déviations, voies rapides, échangeurs, autoroutes et même les ronds points !!!).

Ce milieu est un milieu particulier, il peut souvent regrouper plusieurs milieux types (coteaux calcaires , prairies, sous bois et même zone humide )

 

Lisières, bois et sous-bois

Pour des raisons pratiques ces milieux ont été regroupés en un par souci d’homogénéité (les puristes pourront effectivement dissocier et les considérer comme trois milieux distincts…)  Bref, ce milieu est souvent très riche en orchidées, surtout en lisière. Effectivement, certaines espèces sont très peu exigeantes en terme d’ensoleillement. En lisière, on y rencontre fréquemment O.purpurea, Ophrys insectifera, Cephalanthera damasonium, Epipactis helleborine, ou la très rare Cephalanthera rubra. Un peu plus profondément on peut croiser la surprenante Neottia nidus avis, plante totalement démunie de chlorophylle !!! Pour finir, très peu d’orchidées sont cantonnées en forêt “profonde” : les rarissimes Epipactis purpurata et E. microphylla  font partie de ces plantes très discrètes et difficiles à repérer.

Les zones humides

 Les zones humides ne sont pas très nombreuses dans notre région où elles ont tendance, comme partout, à subir des assèchements afin d’en faciliter l’exploitation.
Toutefois certains fonds de vallées, certains talus humides, les berges de l’estuaire de la Seine ou les zones alluvionnaires ou de comblement par les boues de dragage de la Seine restent encore des zones favorables pour le développement d’une végétation appréciant les milieux humides. Les grandes tourbières du Marais Vernier ou d’Heurteauville constituent des milieux très particuliers où l’ont peut trouver Dactylorhiza incarnata, D. praertermissa, D. majalis, Anacamptis laxiflora, ou le très rare Anacamptis palustris . Quand aux landes tourbeuses de la Manche, elles abritent la très rare Spiranthes aestivalis.
Certains coteaux calcaires présentent également des petites zones humides (eau prisonnière dans une poche d’argile). Même configuration pour les bords de routes.